L’ANNEE DE LA VIE CONSACREE

« LES PERSONNES CONSACREES ET LE PARDON MUTUEL»  (LC 11, 4)

 

La Récollection de ce dimanche 15 novembre 2015, au Centre Térésianum de Kinshasa a été prêchée par le Père Elie MUAKASA, Prêtre Passioniste, sur le thème : « Les personnes consacrées et le pardon mutuel ». Dans son exposé, le Père Elie a commencé par un préalable : il n'est pas facile de pardonner. Mais nous pouvons arriver à pardonner en faisant le même « passage » que Nicodème (Jn 3, 1- 17)  qui avait accepté de connaître une nouvelle naissance. Naître de nouveau c'est accepter de perdre ses plumes qui rendent souvent orgueilleux. Les plumes c'est l'orgueil que nous tirons de trois choses :

1. De la famille,

2. Des études faites dans nos différentes disciplines de formation,

3. De l'avoir.

Comme nous, Nicodème avait un héritage familial, il était un savant juif et Docteur de la loi. Tout cela étouffait sa simplicité. Voilà pourquoi il avait peur d'interroger Jésus pendant la journée par peur d'être déplumé. Dans sa rencontre avec Jésus, il lui pose trois questions :

1. A voir tout ce que tu fais, est-ce que Dieu est avec toi ?

2. Est-ce qu'un homme formé, mûr peut renaître de nouveau ou changer?

3. Qu'est-ce qu'il faut faire pour changer ?

La réponse de Jésus est : « Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? » Aujourd'hui Jésus nous pose la même question : « comment toi religieux, religieuse, tu ignores qu'il n'y a pas de vie religieuse sans une conversion permanente, sans pardon ? » Chaque fois que nous refusons d'accorder le pardon, nous sommes dans la nuit comme Nicodème. Pardonner c'est passer de la nuit à la lumière. Sortir de la nuit de notre raison c'est se parler, affronter les problèmes, car
avoir raison peut venir de notre confusion, de notre illusion, de nos passions, de nos instincts. Puisque les conflits sont liés à notre orgueil de réussite,
de conquête, à notre goût de puissance, nous devons savoir que c'est dans le rétrécissement de notre grandeur que Jésus nous rencontre.

La nouvelle naissance ou le pardon a deux aspects :

1. L'aspect social qui implique le dialogue et la justice réparatrice pour que la personne offensée retrouve sa dignité et son équilibre, et que la personne qui a offensé retrouve aussi son équilibre et son intégration dans la communauté en se voyant pardonné.


2. L'aspect spirituel implique la confession qui est le but ultime de toute Récollection. C'est à travers la confession que nous retrouvons la Grâce que nous avons
perdue, cette grâce qui nous permet de vivre notre vie religieuse comme projet de Dieu.

Pardonner enfin, c'est partir du culte de soi-même, de l'admiration de ses plumes ou du narcissisme à l'abandon, à la simplicité, partir de la culpabilité à la lumière. Et celui qui a découvert la lumière fait le bien.


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Frère Godefroid Masereri, ocd