KINSHASA : ANNEE DE LA MISERICORDE.



« Les personnes consacrées et le sacrement depénitence et réconciliation »


 

«Yahvé passa devant lui et il cria: "Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse et de miséricorde, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » (Ex 34, 6).
C'est de cet extrait qu'est parti le Père Jean-Paul TSHISUNGU, Carme Déchaux, qui a prêché la récollection de ce dimanche 8 mai 2016 au Centre Theresianum de Kinshasa.
En effet, savoir comment Dieu s'est révélé à Moïse est très important pour bien vivre cette année de la miséricorde et redonner au sacrement de pénitence et réconciliation son vrai sens, faire un retour vers le Père comme le fils prodigue, et renouer les nœuds de nos cœurs sans peur ou hésitation puisque la pénitence rencontre toujours la miséricorde de Dieu. Mais l'orgueil de l'homme qui ne laisse pas une place pour
Dieu dans son cœur, nous amène à déplorer aujourd'hui la négligence de ce sacrement. Et le phénomène ne fait que s'accentuer puisque le sacrement de pénitence et réconciliation est en crise chez les laïcs comme chez les consacrés.

Mais le sacrement de pénitence et réconciliation garde toujours son sens et sa valeur pour nous aujourd'hui. C'est dans les différentes appellations de ce sacrement que nous retrouvons son vrai sens. Il est appelé :

-Sacrement de pénitence parce qu'il consacre une démarche personnelle de conversion. L'homme appelé par Dieu malgré sa condition de pécheur doit se convertir.

-Sacrement de confession parce que l'accent est mis sur l'aveu des péchés qu'on doit énumérer.

-Sacrement du pardon parce que l'absolution accorde au pénitent, de la part de Dieu, le pardon et la paix du cœur. Mais le pardon est possible si nous le donnons aussi aux autres.

-Sacrement de réconciliation pour rétablir la relation entre deux personnes vivant dans la rupture.

Pour se confesser il faut connaître le sens du péché et la grâce de la confession. Le péché est un acte par lequel l'homme s'oppose consciemment et
délibérément à la volonté de Dieu. S'il n' ya pas la conscience et la liberté dans l'acte posé, on parle de la faute et non de péché. Le sens du péché c'est la capacité de perception qui permet de desceller les multiples formes et visages du péché. C'est en développant cette sensibilité que nous éviterons de tomber dans le piège du péché qui nous guette. Le péché c'est se rebeller contre Dieu en voulant acquérir la liberté ou en voulant être comme Dieu. Même si le péché nous éloigne de Dieu et de nos frères et sœurs, toute pénitence bien célébrée, nous restitue la grâce perdue, nous offre la grâce du progrès spirituel et arrache les racines du péché de nos cœurs.


Voici les causes de la crise du sacrement de pénitence et réconciliation aujourd'hui:

-Le refus de la médiation humaine

-Le fait de faire de la confession un acte extérieur

-L'obscurcissement de la conscience morale et religieuse

-La fatigue de la routine

-Le visage du confesseur qu'on a difficile à réconcilier avec celui de Jésus. Mais en tout nous sommes invités à aller au-delà de nos relations et de
nos connaissances pour ne pas profaner le sacrement. Toute notre vie est pénitentielle. Elle est un effort de nous réconcilier avec Dieu et avec les hommes. La pénitence nous invite à changer la vie et le cœur. L'action de faire pénitence se complète avec l'action de porter les fruits. La pénitence est authentique et efficace si elle se traduit en actes. Jésus nous invite à grandir en âge et en sagesse, à opérer une transformation intérieure. Mais tout cela n'est possible qu'avec la prière et la grâce de Dieu seul qui est en mesure de changer le cœur de l'homme.


Frère NGOYI MBAYA Innocent, ocd.


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