KINSHASA : ANNEE DE LA MISERICORDE.



KINSHASA : ANNEE DE LA MISERICORDE.


« L'expérience de la misère humaine et
de la miséricorde divine chez Sainte Thérèse d'Avila »


 

Le Père Valentin NTUMBA ocd, qui a prêché la Récollection de ce dimanche 17 avril2016 au Centre Theresianum de Kinshasa, nous a amené  à la découverte d'une Fille de l'Eglise qui parle de la misère humaine et de la miséricorde de Dieu à partir de son expérience. Il s'agit de Sainte Thérèse d'Avila qui, elle-même, a été l'œuvre de la miséricorde divine. Pour elle en effet, en face de la miséricorde de Dieu on découvre la misère humaine. Misère et miséricorde constitue l'hymne de Sainte Thérèse de Jésus. C'est sa propre expérience qu'elle transmet à travers ses écrits en nous conduisant au cœur de la révélation biblique : Dieu s'est révélé comme miséricordieux. C'est la miséricorde qui est source de l'incarnation, de la passion et de la résurrection du Christ qui veut libérer l'homme de sa misère et révéler sa dignité. La misère de l'homme attire la miséricorde de Dieu : « J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs; oui, je connais ses angoisses » (Cfr. Ex 3,7).


Le Père Valentin a divisé son exposé en deux points que voici :


1.Misère humaine chez Sainte Thérèse d'Avila

2.L'expérience thérésienne de la miséricorde


1. Misère humaine chez Sainte Thérèse d'Avila

 

Sainte Thérèse a expérimenté la misère humaine sous diverses formes :


-La misère économique due à la crise économique. Elle s'est manifesté par la pauvreté matérielle, la faim, la pénurie. Et les monastères et les couvents n'étaient pas épargnés.


-La misère sociale qu'on pouvait remarquer à travers les inégalités sociales


-La misère culturelle : l'interdiction de la lecture de certains livres


-La misère spirituelle : Thérèse a connu les heures d'absence de Dieu, l'apparition et l'avènement de différents courants spirituels qui comportaient des risques et des déviations, et encourageaient la superstition. Cette crise a affecté aussi la vie religieuse qui a connu l'affaiblissement de l'amour fraternel.


-Les misères corporelles : Tout en gardant son désir vif, Thérèse se dit être fatiguée et très vielles ; elle affirme avoir un estomac délabré. Elle a connu aussi les persécutions et les épreuves à cause de son œuvre de fondation. C'est l'humilité qui fait percevoir à Thérèse sa misère en face de Dieu.


-Pour elle la plus grande misère morale c'est de répondre à l'amour de Dieu par
l'ingratitude. Et la misère de l'âme c'est le péché commis en raison de l'imperfection.
Le péché est un acte qui noue l'amitié avec le démon ; c'est une bataille
rangée, de toutes nos puissances de l'âme, contre Dieu ; c'est comme un
drap très noir qui occulte et qui cache la beauté de l'âme. Le péché se commet
parfois contre la raison humaine sous l'influence du démon, de notre nature, du
monde avec ses honneurs et ses affaires.


La misère peut pousser à un repli sur soi-même ou à avoir le sentiment d'être rejeté de Dieu et des hommes. Mais toutes nos misères sont pour Dieu des occasions de miséricorde, car la misère de l'homme attire la miséricorde de Dieu : « J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs; oui, je connais ses angoisses »
(Cfr. Ex 3, 7).


2. L'expérience thérésienne de la miséricorde

 

Saint Thérèse de Jésus n'emploi pas le mot miséricorde pour désigner les œuvres humaines de miséricorde parce que chaque fois que nous exerçons la miséricorde, c'est pour que Dieu puisse rependre, à travers nous, sa miséricorde sur les autres. La miséricorde se repend donc par médiation. Pour Thérèse la miséricorde est l'attribut de Dieu, c'est la marque distinctive de Dieu, c'est le nom divin par excellence, c'est la révélation parfaite et vivante de Dieu, c'est l'acte de Dieu qui se penche sur la misère du pécheur pour le recréer dans le Christ et le conduire à l'union avec Dieu.

L'expérience de la miséricorde de Dieu a mis au cœur de la vie de Thérèse l'oraison qui est rencontre de la misère et de la miséricorde. Cette miséricorde expérimentée dans l'oraison fait naître l'amour. Et l'amour authentique est communion des personnes. Chez Sainte Thérèse tout se résume dans l'amitié avec Dieu dans l'oraison et l'amitié avec les amis de Dieu. L'amour du prochain est rempli d'humanité. Voilà pourquoi nos communautés doivent être des lieux où s'exerce la miséricorde. On doit y trouver les vertus propres à la miséricorde : la douceur, la patience, la bonté, la bienveillance, le pardon, l'éducation aux exigences de l'amour. La miséricorde dilate l'âme et la porte à louer Dieu. Dieu
nous a aimés pour que nous aimions aussi.


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