KINSHASA : ANNEE DE LA MISERICORDE


La Communauté religieuse, lieu de la miséricorde


 

Partant de la « parabole de la vie communautaire » ou parabole du « Père miséricordieux » (Luc 15, 11 - 32), la sœur Josée NGALULA, Religieuse de Saint André, qui a animée la Récollection de ce dimanche 13 mars 2016 au Centre Theresianum de Kinshasa, a fait remarquer que cette parabole, explique mieux, à travers les attitudes du Père, du fils aîné et du plus jeune, comment vivre la miséricorde dans une communauté religieuse : avoir certaines attitudes intérieures qui se reflètent extérieurement par les actes concrets que nous posons.



Le Père est le modèle de la pratique de la miséricorde par sa réaction aux actes de ses deux fils :

1. Le Père est patient puisqu'il ne veut pas enfermer le plus jeune de ses fils dans l'un des actes qu'il a posé depuis sa naissance. Mais il attend et sait
que son fils posera un autre acte différent de celui qu'il vient de poser. Avec le fils aîné, le Père est patient parce' il n'est pas égoïste, il a un cœur généreux : tout ce qui est à moi est à toi. Voilà pourquoi la miséricorde devient possible quand on a un cœur large, un cœur qui n'est pas jaloux



2. Le Père pose des actes extérieurs qui privilégient la fraternité. Il sait que la personne fautive est d'abord mon fils.

3. Le Père met tout le monde sur le même pied d'égalité.


Le fils aîné par contre, ne sait pas pratiquer la miséricorde pour les raisons suivantes :



1. Pour lui festoyer c'est prendre et aller à l'extérieur avec ses amis. Il est physiquement en famille, mais son cœur, sa joie, son bonheur sont à l'extérieur

2. Il se considère comme un serviteur, un fonctionnaire dans la maison de son Père. Voilà pourquoi chaque fois que, dans nos communautés nous nous considérons comme des fonctionnaires, les autres ne sont plus nos frères et nos sœurs, mais des co-fonctionnaires. Dans une communauté ou dans une famille où il y a coexistence des ouvriers il n' ya pas de miséricorde.

3. Le fils aîné refuse d'entrer dans la joie de son Père parce qu'il est dans une logique de comparaison : moi et l'autre. Le fils aîné n'est pas préoccupé
de l'amour que le Père a pour lui, mais il voit seulement ce que le Père a fait pour son petit frère. La comparaison engendre la colère, elle est un poison dans le cœur humain parce qu'elle nous fait vivre dans le mensonge vis-à-vis de nous-mêmes. Elle nous empêche de nous voir tels que nous sommes. Quand nous faisons de l'autre le miroir de notre vie, c'est la jalousie qui règne. Mais quand C'est Dieu qui est le miroir de notre vie, nous serons en mesure de vivre la miséricorde.



Le plus jeune fils est dans le même cas que son frère parce que:


1. Il s'est considéré comme un ouvrier qui mérite un décompte final

2. Même dans la souffrance il n'entre pas dans la logique de la fraternité. Il rentre dans sa famille, pas pour retrouver les siens, mais parce là il y a à
manger. Mais le Père a surpris son fils en l'accueillant. Et ce dernier est entré alors dans la logique de quelqu'un qui est pardonné.

C'est cette attitude du Père qui accueille et qui pardonne qui a permis à la Sœur Josée NGALULA de parler du pardon à accorder en cas d'offenses selon le chapitre 18 de Saint Matthieu.



Voici ce que ce chapitre nous enseigne :


1. Le pardon ne doit pas être superficiel. Pour que le pardon soit possible et sincère, nous devons faire de Dieu notre unique miroir.

2. Avoir l'attitude de l'enfant c'est pardonner facilement parce qu'on ne fait pas de l'autre son miroir

3. Ne pas scandaliser l'enfant physique ou la partie de l'enfant qui est en chacun de nous. Cet enfant c'est la lumière, la naïveté, la bonté que chacun porte en lui.

4. Il y a des petites choses qui sont importantes parce qu'on leur donne de la valeur. C'est pour cela que Dieu peut pardonner à un pécheur parce qu'il a de la valeur à ses yeux. Cette valeur c'est l'humanité.

5. Le pardon est une attitude du cœur accompagnée des actes concrets: regarder le prochain et la manière de s'engager envers lui. Le païen et le
publicain sont des personnes que Jésus a toujours appelées à la conversion parce que le Père ne veut pas que l'un de ses petits se perde.

6. Lier c'est refuser de pardonner, c'est lier la personne au passé, à la rancune, à l'acte mauvais posé. C'est de la même façon que nous serons aussi traités au ciel.

7. Le pouvoir d'intercession est une porte que Dieu nous ouvre, c'est la manière pour lui de rendre possible ce qui est humainement impossible et difficile. Dans la prière nous pouvons demander à Dieu la grâce de pardonner. Grâce à la prière nous pouvons pardonner, délier, libérer les personnes que nous avons liées, tuées et enterrées dans nos cœurs.

8. Chaque fois que nous nous regardons dans le miroir de Dieu, nous voyons notre grande misère. Cela nous rend humbles et miséricordieux.


Frère NGOYI MBAYA Innocent, ocd


Rechercher

OCD CONGO © 2003-2015 Tous droits réservés. Pères Carmes Déchaux R.D.C

Frère Godefroid Masereri, ocd