Approche la fin de l’année académique 2016-2017!

Approche la fin de l'année académique 2016-2017!

Il suffit de passer par les couloirs et le jardin du Theresianum de Kinshasa qu'on se rend compte de l'ambiance de blocus de la part des frères étudiants qui se préparent aux examens de fin de l'année. En effet, c'est depuis le 15 Octobre 2016, à la fête de notre Mère Sainte Thérèse que les frères étudiants en théologie ont eu la messe de l'invocation de l'Esprit Saint, messe de l'ouverture de l'année académique 2016-2017 pour le compte de l'Institut Saint Eugène de Mazenod. Et les cours devaient débuter le lundi 17 octobre. Les frères en philosophie, qui étudie au grand séminaire Saint André Kaggwa avaient débuté le cours le lundi 10 Octobre 2016. Permettez que nous vous fassions part des différentes activités académiques et para académiques  qui couronné cette année.

 

Activités importantes qui ont marqué l'année académique :

Le 3 Novembre, avec les autres étudiants du complexe académique Saint Eugène de Mazenod, nos frères ont participé à leur assemblée générale pour évaluer les activités de l'année académique passée et programmer des activités de l'année en cours. En cette occasion, ils ont élu le comité décanal.

               Du 13 au 21 Février, ils ont passé leurs examens du premier semestre. Et le 1er Mars ils en ont eu le résultat qui était satisfaisant pour tous avec quelques distinctions.


 Le 23 Février, ils ont participé au café théologique qui est une journée de réflexion sur un thème.  Sous la modération du frère Martin Bwira, le thème de cette année était « La conscience de la prise en charge de notre maison commune », Une relecture de l'Encyclique Laodato Si du Pape François. Deux conférences ont suscité le débat de ce jour, il s'agit de la conférence de la sœur Anuarité Muadi portant sur  la crise écologique et sa prise en charge en contexte congolais. Une réponse à l'encyclique sur la sauvegarde de la maison commune. Et la deuxième conférence, celle de Deogratias Karere traitant des ressources spirituelles et religieuses pour un engagement écologique.

Ce n'est pas tout.


 Le 25 Mars, les étudiants de toutes les Universités et Instituts supérieurs de Kinshasa organisant la faculté de théologie ont répondu positivement et massivement au rendez- vous du panel théologique qui est aussi une journée de réflexion théologique. Cette rencontre a eu lieu à Rigini à l'ISPC (Institut supérieur pédagogique Catholique de Kinshasa), avec comme thème d'actualité « L'Eglise d'Afrique face aux défis de la mondialisation pour une nouvelle évangélisation ».


Le 27 et le 28 Mai, les étudiants en théologie ont participé à la conférence « chaire cardinal Malula » au sein de leur complexe académique ayant comme thème : « La conscience du bien et du mal en Egypte ancienne, secret de la puissance des pharaons de l'Egypte ». Par le professeur
MPAY Kemboly sj, doyen de faculté de philosophie à l'université Loyola du Congo.


Le 14 Janvier 2017 les frères qui étudient en philosophie ont participé à la journée inter facultaire organisée par les institutions philosophique catholique de Kinshasa.


Cette journée a eu lieu à Canisius des jésuites.  Le thème général de cette journée était « Actualité socio politique du Grand Lac » avec trois sous
thèmes présentés par les professeurs de trois institutions prenantes :


Pour le compte de Canisius, le sous thème était celui de la participation politique du Grand Lac. L'intervenant a pu faire une analyse de l'actualité
sociopolitique du grand lac en y proposant des pistes des solutions. Pour le compte de l'université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN), la pensée de la consolidation de l'Etat-Nation a été développée. Il requérait de revenir sur la situation dramatique que vit cette région du monde depuis une longue
période. Des guerres, des massacres, le génocide, de violation des droits humains et d'autres antivaleurs. Il faudra lutter contre tous ces fléaux pour
atteindre l'Etat-Nation qui nécessite ''le vivre ensemble''. Enfin pour le compte du grand séminaire Saint Kaggwa, l'intervenant a fait une approche philosophique des dialogues politiques au Congo. Pour résoudre le problème politique au Congo, le conférencier a envisagée un dialogue du philosophe
selon le paradigme de Martin Buber notamment le dialogue ''Je-Tu''.

Comme il est demandé par le ministère de l'enseignement supérieur et universitaire, à la fin du cycle de graduat, tout candidat présente un travail de fin de cycle. C'est en s'acquittant à ce devoir académique que les trois frères finalistes en philosophie ont déposé leurs travaux de fin de cycle le 23 Mai 2017 au secrétariat académique de leur institut. En voici les titres et les synthèses : Fr Gaby BANZA Eldad  a traité le sujet du « Plaidoyer pour l'éducation conforme à la nature et à la liberté de l'enfant ».  Il souligne que le parcours qu'il a engagé lui a permis de constater  la richesse de la pensée éducative de Jean-Jacques Rousseau. Voilà pourquoi il met en lumière un aspect essentiel des idées rousseauistes soulignant que l'éducation joue un rôle fondamental dans la formation d'un être humain. Par ses concepts majeurs de la nature et de la liberté, par son postulat de la bonté naturelle inscrite dans le cœur de chaque personne, Rousseau voulait en quelque sorte nous avertir du danger qu'il y a d'accorder l'éducation au diapason de tous.  


 Le premier chapitre porte sur l'idée de Jean-Jacques Rousseau et les systèmes éducatifs d'antan nous a permis de situer Rousseau et sa pensée dans le contexte historique. En plus,  le deuxième chapitre a reposé tout d'abord sur l'analyse des cinq phases de développement de l'enfant. Dans la première phase qui est celle des besoins, le frère montre que  l'homme est né naturellement bon, mais c'est la société qui le rend mauvais. La dans la seconde phase dite infantile est celle du début de l'éducation naturelle qui a comme priorité  l'exercice des sens. La
phase d'adolescence est présentée comme l'âge de la force, des travaux, des instructions, des études et d'initiation aux relations sociales. Après
l'adolescence intervient  la phase de la puberté qui vise à  former le cœur de l'enfant et à orienter sa sensibilité en lui inspirant l'amour et la pratique
des vertus sociales. Par ailleurs, la phase adulte consiste  à se préparer au mariage, à former une famille. Ainsi donc, le processus éducatif se parachève dans la citoyenneté et dans la vie politique.


Enfin, le troisième chapitre a analysé les institutions éducatives qui ne sont que disposées pour l'enfant et son éducation. Ici il a été question de souligner les différents milieux éducatifs tout en montrant le rôle irréversible de la famille auquel les autres milieux éducatifs en viennent  suppléer dans cette tâche noble assumée par nature. Dans cette dynamique l'école a la mission d'aider directement les parents à ne pas démissionner de leurs responsabilités d'éducateurs. La famille et l'école sont donc appelées à collaborer étroitement pour l'éducation réussie et efficace de l'enfant.

Fr Banza Mulungwe Christian  a travaillé sur la « notion d'opacité référentielle » chez Quine. Pour le frère Banza Christian, Parler c'est dire quelque chose à propos de quelque chose. Et pour Quine, « Le langage est un art social.

 Pour l'acquérir, nous dépendons entièrement d'indices accessibles intersubjectivement relativement à ce qu'il y a lieu de dire et au moment de le dire ». Le frère s'est rendu compte de la difficulté de mettre à jour une procédure pour déterminer, dans le langage, à quoi les mots réfèrent-ils. Car la référence du langage n'est pas toujours claire, n'est pas transparente ; elle est donc opaque. Ainsi, ce travail que nous avons intitulé « notion d'opacité référentielle », nous l'avons rendu en trois chapitres.


Au premier chapitre, il s'est donné comme tâche d'orienter son champ d'action. Il a commencé par cadrer sa démarche en signalant que ce travail s'inscrit dans le cadre de la logique moderne non classique, précisément, la logique modale. Cela veut dire que le frère a traité de la « logique », de la
« logique non classique » et des « modalités ». Puis, il a abordé la définition des termes d'« identité », de « référence » et de « quantification ».

Au second chapitre il a traité de ce qui fait le thème majeur de son travail, la « notion d'opacité référentielle ». La préoccupation  était celle de voir s'il y a lieu de remplacer une attitude propositionnelle par une autre qui lui est matériellement équivalente sans changer sa valeur de vérité et la possibilité de quantifier dans une attitude propositionnelle.

Au troisième chapitre, il a pris une perspective critique. Pour ce dernier,  en se basant sur le fait que Quine, en n'accordant du crédit qu'aux termes concrets, rejette la quantification des termes abstraits. Quine rejette ainsi la quantification substitutionnelle qui, d'ailleurs, est un complément à sa quantification objectuelle ou référentielle.


Fr KHOJI YAVA Christian a travaillé sur « l'amitié vertueuse pour une vie heureuse dans éthique à Nicomaque, livres VIII et IX,
d'Aristote ».
Le frère a remarqué qu'avec l'avènement des Nouvelles Techniques de l'Information et de Communication (NTIC), le monde est devenu un village planétaire où les hommes ont la facilité d'entrer en contact les uns avec les autres. D'où ce regain d'intérêt pour les relations interpersonnelles, notamment le lien d'amitié. Depuis l'antiquité, l'amitié était vue comme une relation philosophique et les lieux d'apprentissage de la philosophie étaient considérés comme des écoles d'amitié. Aristote considère l'amitié comme la vertu. Pour lui, amitié et bonheur ne sont au fond qu'une seule et même chose. De nos jours, cette amitié se trouve menacée d'insignifiance et de suspicion suite au laisser aller de cette relation dans notre société contemporaine. Confondue souvent avec la camaraderie, l'amitié se vide de son sens. Voilà qui inquiète ! Tous ces désordres font que l'homme contemporain se trouve désemparé et tétanisé. Le problème est là ! Face à des situations inquiétantes, le philosophe ne reste pas abattu, il essaie dans la mesure du possible en tant qu'éveilleur des consciences, de trouver une solution. Tout ceci nous a poussés à nous poser une question morale : de quelle manière devrait-on conduire l'amitié pour qu'elle assure le bonheur ?

En comparaison avec la doctrine de celui que Spinoza appelle le «  super philosophe »,  on ne doit pas se lier d'amitié avec les autres par le simple fait qu'on a les mêmes goûts et qu'on partage une même cité, mais bien plutôt parce qu'ils sont des humains. C'est pourquoi même l'étranger doit trouver bon accueil. Cela est résumé dans la règle d'or « aimez-vous les uns les autres » qui n'a rien à voir avec la Philia des grecs. L'agapé, l'amour chrétien que nous apprend le super philosophe ne suppose ni égalité, ni réciprocité, ni plaisir, ni utilité. Il est la charité qui excuse tout, croit tout, espère tout et endure tout. Le souci du frère  était celui de faire preuve de la capacité de compréhension d'une pensée philosophique et d'en saisir l'enjeu et la portée de la problématique posée en restant attentif à la dimension critique tel que l'exige un travail de mémoire en philosophie pour l'obtention du grade de gradué. La question de l'amitié touche aujourd'hui l'existence concrète et se veut un défi pour la société. 

L'année n'a pas été marquée seulement par des activités académiques, «  nous sommes étudiants et aussi religieux ; mais d'abord religieux » disait père Jean de la Croix. Soulignons ici deux activités spirituelles, parmi tant d'autres, qui ont été plus mémorables au cours de cette année.


Célébration de la veillée pascale au Theresianum de Kinshasa :

Le samedi 15 Avril, le père Roger Tshimanga délégué général  a célébré  la Messe de la veillé pascale à  la communauté du Theresianum de Kinshasa. Entouré de quatre autres prêtres de notre communauté, Père Valentin Ntumba Prieur, P Jacques Mutimanwa, P Modeste Mbuyi et P Louis Kayama
tous formateurs avec le  diacre Innocent Mbaya. Tous les scolastiques  et des centaines de chrétiens du quartier Jamaïque et des environs ont participé à cette eucharistie. 

La cérémonie a débuté à 20h au parking du centre spirituel Theresianum où le feu de la lumière pascale était allumé. Tous les participants se sont dirigés à la chapelle selon le rituel de la célébration de la nuit pascale leurs bougies à la main. Dans son homélie, le père Roger a exhorté les fidèles à être des témoins de la bonne nouvelle, surtout dans un pays comme la République Démocratique du Congo où les hommes deviennent de plus en plus ennemis de la vérité. En interprétant l'évangile selon saint Matthieu, il a insisté sur le fait que les femmes ont eu le privilège d'être les premières messagères de la résurrection du Christ.

Après la célébration de l'eucharistie qui a pris fin à 23h, un repas festif a été partagé dans la cour de la communauté. Les jeunes de la charale Sainte Thérèse qui ont animé la messe y étaient conviés ainsi que les fonctionnaires de l'Etat qui étaient en session de formation au centre Theresianum et quelques chrétiens habitués à la communauté. Cette soirée a été organisée et animée par les scolastiques.


Une Octave de Pâques passée en réfléchissant sur l'unité !

Jeudi 20 au Dimanche 23 Avril, les frères en formation ensemble avec ceux d'autres congrégations ont participé à la session des jeunes religieux et religieuses, session organisée dans  notre centre de spiritualité. « Que tous soient un » (Jn 17,21). Tel était le thème que la sœur Josée Ngalula a développé avec les participants avec comme but d'approfondir la spiritualité de l'unité. La prédicatrice a montré le danger de division qui sévit au sein des communautés religieuses. Si le Christ a pris du temps de prier pour l'unité de ses disciples c'est sûr qu'il en connaissait la gravité. La sœur a insisté ainsi sur les éléments de la spiritualité de l'unité en soulignant entre autre : L'amour comme vertu théologale, la patience, le pardon, la fraternité, le travail en commun, la correction fraternel, l'humilité. Elle a aussi fustigé les attitudes qui corrompent et gâchent  l'unité en citant : la vie dans le mensonge, le faut témoignage, la ruse, la séduction, le relativisme, les promesses vides, la tricherie, la vie double, la sous-estimation des autres le silence qui refuse de dire la vérité.


Nous terminons en vous rassurant que c'est lentement mais sérieusement qu'approche la fin de l'année académique 2016-2017! Les frères étudiants en philosophie ont débuté leurs examens de fin d'année le lundi 29 mai 2017 après une préparation immédiate d'une semaine (blocus). Les frères en théologie continuent avec les cours, c'est le 17 Juin qu'ils débuteront le blocus afin de commencer les examens le 25 du même moi.  

         

  Fr MARTIN ASUMANI BWIRA de Saint Elie.


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